24 avril 2012

La chaise pliante

Avez-vous jamais eu cette impression, un jour, un soir, l’espace d’une seconde, d’avoir vécu le moment de votre vie - the time of your life, dirait notre bon feu Patrick Swayze ? Je ne parle pas là de ces instants plus ou moins attendus qui peuvent vendre du rêve - le jour de Votre rencontre, Sa demande genou en terre, le premier cri d’un nourrisson, ses premiers pas… Non, ce qui me vient, là tout de suite, c’est une chaise en toile pliante. Vous savez, une de ces chaises en tissu et en métal type chaise de camping à accoudoirs en... [Lire la suite]
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25 mars 2016

Trop d'affect

      Daehyun Kim - 자꾸만 네가 떠올라, Sinking of You, 2010, marker and pen on the paper, 29.5 cm x 42 cm     Je ne l’ai jamais écrit, mais j’ai vécu pendant deux ans avec un pervers narcissique. Je sais que ce terme est aujourd’hui usé jusqu’à la corde, jusqu’à l’écœurement, et que certains (masculinistes ?) le tournent en ridicule comme une obsession de lectrice hystérique de Psychologies Magazine, en oubliant au passage qu’il peut s’appliquer à des individus des deux... [Lire la suite]
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15 mars 2015

Le lac - 2007

L’après-midi, elle s’était peint les orteils en rouge. Elle les trouvait marrants, ces petits ongles carrés, sous les seize heures du jardin, et elle chantait et faisait mine de ne rien remarquer, comme si on pouvait rester toujours cette enfant subtile libre de rêver le monde derrière une fenêtre. Seulement la fenêtre n’était plus là et le monde s’étendait, lubrique, et s’imposait, agressif, imprenable, fumeux comme le dessus d’un sol sableux que les pieds soulèvent en s’en débarrassant. Maintenant, sous le néon d’une salle de bain... [Lire la suite]
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30 septembre 2014

Le bonheur est un jeu dangereux

  Ruelle mal éclairée, sortie de vapeurs des cuisines, escaliers de secours, chapelet de voitures qui apparaissent fugitivement sur l’écran étroit de l’avenue, délimité par deux pans d’immeubles, dans l’intimité illusoire que confère le bourdonnement de la cohue lorsqu’il est étouffé. Bruit de chat, bruit de clés qui tombent. Une silhouette féminine s’attarde, trébuche, ramasse quelque chose. Alors que vous vous apprêtiez à jeter votre mégot précipitamment fumé entre deux services, vous vous figez : la jeune femme a levé... [Lire la suite]
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25 mai 2014

Ma mère est une femme

  Parler d’elle. L’idée m’a traversée bien des fois, c’est même l’une de mes obsessions. Nombreux sont les poèmes qui l’ont frôlée timidement, les chapitres de roman qui l’ont avisée, de loin, avant de faire demi-tour en courbant la tête, la queue basse. Mais jamais je ne m’y suis risquée, tant l’entreprise me paraît folle, ou présomptueuse. Comme le nom du dieu des Juifs, le sien devrait être composé de consonnes qu’on ne peut lier sans blasphémer, hors du temple. Hors de son giron. Mon mythe originel. Son ventre rond. Ses... [Lire la suite]
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09 avril 2014

Teotihuacán

  “Quand on est jeune on croit qu’on cicatrise, alors qu’on doit s’amputer pour survivre” V. Despentes      On célèbre les grands actes, les grands hommes, les grands chamboulements, les grandes œuvres. On commémore les fléaux, les exodes, les révolutions, les guerres, les conquêtes, les génocides. On ne tarit pas de livres sur les cathédrales, les temples, les pyramides et les fusées.   Comme si tout cela avait importé à qui que ce soit, vraiment. Comme si au cœur de la guerre la plus sanglante qui... [Lire la suite]
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02 mai 2012

Quand on n'a aucune idée pour commencer un roman - début de roman inachevé

Quand on n’a aucune idée pour commencer un roman, le mieux est de commencer avec la naissance d’un personnage. Ainsi sa vie, rarement dans sa totalité, et souvent partialement coupée à un moment soi-disant décisif (ce traditionnel et stupide mariage qui sonne la fin d’un conte, par exemple, « ils furent heureux, etc. ») constituera tout le squelette du récit, mais aussi sa matière et sa moelle. « Je suis née et je raconte ô combien cette vie qui est mienne est digne d’intérêt à mes yeux et doit subséquemment l’être aux... [Lire la suite]
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26 avril 2012

La littérature

Il n’y a pas longtemps on a critiqué un de mes textes sur un site de diffusion et d’évaluation. C’était un texte sans prétention qui à l’origine n’était destiné, comme les cassettes vidéos ou les dvd, qu’à un usage privé : c’était une lettre d’amour. C’est vrai qu’elle n’avait pas sa place sur ce site. Mais voilà que mon détracteur pose une question intéressante : il cite ma première phrase : « Tu sais bien comme moi comme la nuit se gonfle dans ces cas-là », ou quelque chose du genre, et poursuit avec cette... [Lire la suite]
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26 avril 2012

La mer

Je n’ai jamais été en mer, je veux dire au milieu de la mer. Dans un de ces milieux sans aucune rive où amarrer un œil, avec pour seules extrémités des étendues d’eaux sans bords, sans consistance tangible, et sans terme. Je n’ai jamais été en mer, et en ce sens je peux dire que je ne l’ai jamais connue. Parfois, quand j’ai eu le bonheur, lors d’une de ces abjectes, accablantes après-midi de congé annuel, estival, familial, quand j’ai eu l’immense joie de voir grands-parents, parasols et épagneuls chassés par une pluie battante et de... [Lire la suite]
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