30 septembre 2014

Le bonheur est un jeu dangereux

  Ruelle mal éclairée, sortie de vapeurs des cuisines, escaliers de secours, chapelet de voitures qui apparaissent fugitivement sur l’écran étroit de l’avenue, délimité par deux pans d’immeubles, dans l’intimité illusoire que confère le bourdonnement de la cohue lorsqu’il est étouffé. Bruit de chat, bruit de clés qui tombent. Une silhouette féminine s’attarde, trébuche, ramasse quelque chose. Alors que vous vous apprêtiez à jeter votre mégot précipitamment fumé entre deux services, vous vous figez : la jeune femme a levé... [Lire la suite]
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09 avril 2014

Teotihuacán

  “Quand on est jeune on croit qu’on cicatrise, alors qu’on doit s’amputer pour survivre” V. Despentes      On célèbre les grands actes, les grands hommes, les grands chamboulements, les grandes œuvres. On commémore les fléaux, les exodes, les révolutions, les guerres, les conquêtes, les génocides. On ne tarit pas de livres sur les cathédrales, les temples, les pyramides et les fusées.   Comme si tout cela avait importé à qui que ce soit, vraiment. Comme si au cœur de la guerre la plus sanglante qui... [Lire la suite]
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12 octobre 2012

Contresens 2 : De l'amour comme pathologie

  « See, how she leans her cheek upon her hand! O, that I were a glove upon that hand, That I might touch that cheek ! »   « Some grief shows much of love,But much of grief shows still some want of wit. » Shakespeare, Romeo and Juliet       Septembre 2012 Je comptais d'abord écrire sur la beauté, mais les circonstances font que je me sens particulièrement inspirée, ce soir, à parler d'amour. Le temps est à la tempête depuis deux nuits, l'équinoxe mugit, le vent de malemort... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Anaïs

Anaïs (Menuet) Lorsqu'Anaïs se meut on peut mirer sa peau qui se frotte menue à l'aurore poudrée en sussurant un miel qui grise da capo les nez que sa chair blanche enferme à son coffret.   Le nuque d'Anaïs ondoie bandée aux nues pour maquiller encor son visage angelet plus que pour soutenir sa tête suspendue pure comme le lait chaude comme le lait.   Les fesses d'Anaïs se rient de la fossette qui marque leur joue pleine avec un circonflexe : car le corps d'Anaïs recèle en sa silhouette délicate rondeur et... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Reste

Reste Je suis restée près de ta peau à regarder la nuit passer dehors Mais moi j'étais dedans avec ta joue juste à côté   Je ne peux plus dormir je ramasse mes restes : à force de rester à voir la nuit passer elle est partie, elle est partie, et moi je reste là à me demander si je n'ai pas rêvé.   Je ne sais même plus quelle nuit ce put être au milieu de ma nuit perpétuelle et hantée je rêve mes réveils et je songe éveillée que je ne suis qu'un rêve à se voir apparaître.   À force de traîner mes fantômes... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Mon oeil en face

Mon oeil en face de ta face épie ton oeil en vis-à-vis. Nez à nez peu à peu s'espacent nos yeux l'un à l'autre asservis. À côté de nous nous luttons, égarés, nus comme des vers et loin j'examine de front de l'autre le globe oculaire blanc, le soleil haut éclaire haut nos deux crânes juste dessus, étudie nos vides cachots juste de front et au-dessus. Ta lèvre fait une moue de côté profonde entrouvrant son souffle léger qui prend fragile et rejette absolu l'air qu'il veut et celui qu'il ne veut plus. À ton oeil levé bat... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Et jouir entre tes bras

c'est fou comme la douche était bonne ce soir ; les doux petons frisquets ; satisfait le miroir. Le gel semble moelleux, la souffrance douillette Equipollent celà de jouir entre tes bras.   Culottes en coton, satin et dentelle   Le bois rit à la poupe avarié par le sel bousculant les siphons draguant des étincelles et bouffant de l'étoile autant que du limon.   Culottes en coton, satin et dentelle   Le ciel est rond ce soir comme ta joue bel homme ; Le tissu est poli ;  le bien-être m'assomme. ... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Quand bien même il ne resterait que tes dents

Quand bien même il ne resterait que tes dents Mon amour, je les aimerais Je les décompterais une à une Je les mettrais dans un sac Je les coudrais à ma robe Je m’en ferais un collier Qui me protègera des loups Des mères et des aubes âcres Je les avalerais Et dans mon ventre Elles feraient la danse de Saint-Gui Et je mourrai piétinée Quand bien même il ne resterait que tes dents Mon adoré je t’adorerais C’est que je t’aurais dévoré Tes joues tes mains leurs os sucrés Sucés tes yeux bleus tournés sous ma langue Sucés... [Lire la suite]
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