La chaise pliante

24 avril 2012

La chaise pliante

Avez-vous jamais eu cette impression, un jour, un soir, l’espace d’une seconde, d’avoir vécu le moment de votre vie - the time of your life, dirait notre bon feu Patrick Swayze ? Je ne parle pas là de ces instants plus ou moins attendus qui peuvent vendre du rêve - le jour de Votre rencontre, Sa demande genou en terre, le premier cri d’un nourrisson, ses premiers pas… Non, ce qui me vient, là tout de suite, c’est une chaise en toile pliante. Vous savez, une de ces chaises en tissu et en métal type chaise de camping à accoudoirs en... [Lire la suite]
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28 septembre 2016

La vie continue - Une visite au CRA de Rennes en tant que bénévole de la Cimade

  Un matin comme les autres, si ce n’est que le temps est splendide, et que, comme souvent les jours de grand soleil, les gens semblent plus affairés, plus actifs, plus énergiques, à la fois plus occupés et plus flâneurs, en un mot plus éveillés. Les voitures tournent autour des ronds-points, les fourmis sortent en procession le long des trottoirs, les jeunes s’interpellent en riant dans la rue. Nous, aujourd’hui, on va visiter un camp de rétention de sans-papiers, et pour moi l’excitation du soleil se mêle au stress de... [Lire la suite]
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25 mars 2016

Trop d'affect

      Daehyun Kim - 자꾸만 네가 떠올라, Sinking of You, 2010, marker and pen on the paper, 29.5 cm x 42 cm     Je ne l’ai jamais écrit, mais j’ai vécu pendant deux ans avec un pervers narcissique. Je sais que ce terme est aujourd’hui usé jusqu’à la corde, jusqu’à l’écœurement, et que certains (masculinistes ?) le tournent en ridicule comme une obsession de lectrice hystérique de Psychologies Magazine, en oubliant au passage qu’il peut s’appliquer à des individus des deux... [Lire la suite]
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04 février 2016

Réponse aux commentaires à propos de l'orthographe

J’avais commencé à répondre à un commentaire sur cet article ce matin, et puis ma réponse a pris de plus grandes proportions car j’ai voulu être exhaustive, notamment parce que nombre de commentaires me disaient la même chose. Pour résumer grossièrement ce qui ressort souvent de vos commentaires, c’est un truc genre : « oui c’est intéressant mais quand même si tout le monde parle comme il veut on se comprend plus ». Je mets donc ici ma réponse à un commentaire en particulier, si ça peut répondre aux questionnements des... [Lire la suite]
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29 janvier 2016

Orthographe : le point de vue d’une professionnelle - Plaidoyer anarchiste pour le respect du vivant

Avertissement : il y a probablement des fautes dans ce texte. Je n’aime pas me relire parce que je passe déjà mes journées à relire les trucs des autres. Merci de votre clémence.     Quelle idée. Après avoir parlé de révolution, je parle d’orthographe. Mais ne croyez pas que le thème est anodin. Notre usage de l’orthographe, notre attitude face à l’usage de l’orthographe, sont, je pense, révélateurs de nos statuts sociaux, de nos conceptions philosophiques et de nos idées politiques. L’orthographe revient... [Lire la suite]
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21 janvier 2016

Conte de Faits

“L'histoire, c'est un conte de faits...” Franck Dhume "Le contraire d'un peuple civilisé, c'est un peuple créateur." Albert Camus "Celui qui a appris à courber l'échine et à baisser la tête devant "la puissance de l'histoire" à la guise d'un automate, il opinera du bonnet devant toutes les puissances, qu'il s'agisse d'un gouvernement, d'une opinion publique ou d'une majorité numérique". Friedrich Nietzsche   L’autre jour, je discutais avec ma mère, qui est une des personnes les plus révolutionnaires que je connaisse, des... [Lire la suite]

17 juillet 2015

Je suis un être humain.

Souvent, je me suis tenue éloignée des débats sur les liens entre linguistique et perception des genres. Toutes ces discussions oiseuses à propos des Mademoiselle au lieu de Madame, des Madame le Ministre, des professeures ou des écrivaines, je les fuyais comme la peste. Pourtant je suis une féministe irréductible et tatillonne, et j’entretiens un rapport passionnel, fusionnel avec ma langue maternelle. C’est ce lien si particulier qui m’a fait envisager des études purement linguistiques avant que ma paresse ne me dirige... [Lire la suite]
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15 mars 2015

Le lac - 2007

L’après-midi, elle s’était peint les orteils en rouge. Elle les trouvait marrants, ces petits ongles carrés, sous les seize heures du jardin, et elle chantait et faisait mine de ne rien remarquer, comme si on pouvait rester toujours cette enfant subtile libre de rêver le monde derrière une fenêtre. Seulement la fenêtre n’était plus là et le monde s’étendait, lubrique, et s’imposait, agressif, imprenable, fumeux comme le dessus d’un sol sableux que les pieds soulèvent en s’en débarrassant. Maintenant, sous le néon d’une salle de bain... [Lire la suite]
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30 septembre 2014

Le bonheur est un jeu dangereux

  Ruelle mal éclairée, sortie de vapeurs des cuisines, escaliers de secours, chapelet de voitures qui apparaissent fugitivement sur l’écran étroit de l’avenue, délimité par deux pans d’immeubles, dans l’intimité illusoire que confère le bourdonnement de la cohue lorsqu’il est étouffé. Bruit de chat, bruit de clés qui tombent. Une silhouette féminine s’attarde, trébuche, ramasse quelque chose. Alors que vous vous apprêtiez à jeter votre mégot précipitamment fumé entre deux services, vous vous figez : la jeune femme a levé... [Lire la suite]
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25 mai 2014

Ma mère est une femme

  Parler d’elle. L’idée m’a traversée bien des fois, c’est même l’une de mes obsessions. Nombreux sont les poèmes qui l’ont frôlée timidement, les chapitres de roman qui l’ont avisée, de loin, avant de faire demi-tour en courbant la tête, la queue basse. Mais jamais je ne m’y suis risquée, tant l’entreprise me paraît folle, ou présomptueuse. Comme le nom du dieu des Juifs, le sien devrait être composé de consonnes qu’on ne peut lier sans blasphémer, hors du temple. Hors de son giron. Mon mythe originel. Son ventre rond. Ses... [Lire la suite]
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09 avril 2014

Teotihuacán

  “Quand on est jeune on croit qu’on cicatrise, alors qu’on doit s’amputer pour survivre” V. Despentes      On célèbre les grands actes, les grands hommes, les grands chamboulements, les grandes œuvres. On commémore les fléaux, les exodes, les révolutions, les guerres, les conquêtes, les génocides. On ne tarit pas de livres sur les cathédrales, les temples, les pyramides et les fusées.   Comme si tout cela avait importé à qui que ce soit, vraiment. Comme si au cœur de la guerre la plus sanglante qui... [Lire la suite]
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22 février 2013

Le féminisme pour les nuls

  Le féminisme pour les nuls Petite vulgarisation vulgaire et joyeuse d'un mouvement de libération   Bon, ça fait plusieurs fois que l'idée et l'envie me prennent (sauvagement) de faire un topo à la con sur le féminisme. Comme j'ai commencé à m'insurger contre les différences faites entre les sexes à peu près en classe de CE1, j'ai une tendance à penser que j'enfonce des portes ouvertes quand j'évoque le sujet, mais je me rends compte presque à chaque fois que non, peu de gens finalement savent de quoi il s'agit, et... [Lire la suite]
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21 novembre 2012

Contresens 3 : De la beauté comme capital(e)

    Your daddy's richAnd your mamma's good lookin'So hush little babyDon't you cryGershwin, Summertime   Beauty is truth, truth beauty, - that is all ye know on earth, and all ye need to know. John Keats   Moins vous êtes, plus vous avez... Ainsi, toutes les passions et toutes les activités sont englouties dans la cupidité. Karl Marx   On va la jouer in medias res. « Les manouches, on devrait les déporter dans des camps d'extermination », lance Paméla entre deux bouchées de... [Lire la suite]
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12 octobre 2012

Contresens 2 : De l'amour comme pathologie

  « See, how she leans her cheek upon her hand! O, that I were a glove upon that hand, That I might touch that cheek ! »   « Some grief shows much of love,But much of grief shows still some want of wit. » Shakespeare, Romeo and Juliet       Septembre 2012 Je comptais d'abord écrire sur la beauté, mais les circonstances font que je me sens particulièrement inspirée, ce soir, à parler d'amour. Le temps est à la tempête depuis deux nuits, l'équinoxe mugit, le vent de malemort... [Lire la suite]
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07 septembre 2012

Contresens 1 : De l'intelligence comme handicap

Contresens   On me dit parfois que je ne suis pas bête, pas laide, qu'on m'aime et que j'écris bien. J'ai toujours eu tellement de mal à recevoir ces compliments qu'on m'a sans cesse suspectée de fausse modestie, de prétention snobinarde, ou d'insatisfaction chronique. Pourtant je peine sincèrement à extraire de ces quelques éloges, des simples civilités hypocrites aux ardentes déclarations idôlatres, un quelconque intérêt pour mon égo, ou un semblant de réassurance sur moi-même. C'est que mon point de vue de ces sujets... [Lire la suite]
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02 mai 2012

Quand on n'a aucune idée pour commencer un roman - début de roman inachevé

Quand on n’a aucune idée pour commencer un roman, le mieux est de commencer avec la naissance d’un personnage. Ainsi sa vie, rarement dans sa totalité, et souvent partialement coupée à un moment soi-disant décisif (ce traditionnel et stupide mariage qui sonne la fin d’un conte, par exemple, « ils furent heureux, etc. ») constituera tout le squelette du récit, mais aussi sa matière et sa moelle. « Je suis née et je raconte ô combien cette vie qui est mienne est digne d’intérêt à mes yeux et doit subséquemment l’être aux... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Anaïs

Anaïs (Menuet) Lorsqu'Anaïs se meut on peut mirer sa peau qui se frotte menue à l'aurore poudrée en sussurant un miel qui grise da capo les nez que sa chair blanche enferme à son coffret.   Le nuque d'Anaïs ondoie bandée aux nues pour maquiller encor son visage angelet plus que pour soutenir sa tête suspendue pure comme le lait chaude comme le lait.   Les fesses d'Anaïs se rient de la fossette qui marque leur joue pleine avec un circonflexe : car le corps d'Anaïs recèle en sa silhouette délicate rondeur et... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Reste

Reste Je suis restée près de ta peau à regarder la nuit passer dehors Mais moi j'étais dedans avec ta joue juste à côté   Je ne peux plus dormir je ramasse mes restes : à force de rester à voir la nuit passer elle est partie, elle est partie, et moi je reste là à me demander si je n'ai pas rêvé.   Je ne sais même plus quelle nuit ce put être au milieu de ma nuit perpétuelle et hantée je rêve mes réveils et je songe éveillée que je ne suis qu'un rêve à se voir apparaître.   À force de traîner mes fantômes... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Mon oeil en face

Mon oeil en face de ta face épie ton oeil en vis-à-vis. Nez à nez peu à peu s'espacent nos yeux l'un à l'autre asservis. À côté de nous nous luttons, égarés, nus comme des vers et loin j'examine de front de l'autre le globe oculaire blanc, le soleil haut éclaire haut nos deux crânes juste dessus, étudie nos vides cachots juste de front et au-dessus. Ta lèvre fait une moue de côté profonde entrouvrant son souffle léger qui prend fragile et rejette absolu l'air qu'il veut et celui qu'il ne veut plus. À ton oeil levé bat... [Lire la suite]
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26 avril 2012

Vieux poèmes : Et jouir entre tes bras

c'est fou comme la douche était bonne ce soir ; les doux petons frisquets ; satisfait le miroir. Le gel semble moelleux, la souffrance douillette Equipollent celà de jouir entre tes bras.   Culottes en coton, satin et dentelle   Le bois rit à la poupe avarié par le sel bousculant les siphons draguant des étincelles et bouffant de l'étoile autant que du limon.   Culottes en coton, satin et dentelle   Le ciel est rond ce soir comme ta joue bel homme ; Le tissu est poli ;  le bien-être m'assomme. ... [Lire la suite]
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